L'église Saint-Martin

Cette église a été voulue très vaste. Elle illustre l'attachement de cette paroisse de Gâtine à son église dans les dernières décennies du 19e siècle.

Une dépendance de Saint-Maixent

L'église Saint-Martin de Verruyes est citée dans la dépendance de l'abbaye de Saint-Maixent dès la première moitié du 11e siècle et lui est confirmée par le pape en 1110. L'abbaye avait aussi un prieuré à Verruyes (du latin Verruca, il faudrait écrire Verruye sans s).

Le patronage de Saint-Martin et l'étendue de la paroisse sont des signes ordinaires d'ancienneté. Martin, né dans les premières décennies du 4e siècle en Hongrie, quitte l'armée romaine après son baptême, rencontre Hilaire et fonde près de Poitiers, à Ligugé, l'un des premiers monastères des Gaules. Devenu évêque de Tours, il vit dans son proche monastère de Marmoutier et meurt en 397 à Candes-Saint-Martin. Son culte se répand rapidement. Des centaines de paroisses, en Europe, portent son nom.

Une première église romane

Une église romane – succédant à une église plus ancienne – a été construite au 12e siècle. Elle avait 5 travées et sa nef était sans bas-côtés. Au milieu de la nef s'élevait la tour du clocher. Au 15e siècle une chapelle à nervures prismatiques avait été accolée au côté sud de l'église. La tour du clocher fut détruite lors des guerres de Religion.

L'abbé Auber donne en 1862 les dimensions de 20 m sur 6 pour l'église romane. Lors de la reconstruction au 19e siècle, seuls quelques chapiteaux seront remployés.

Reconstruction totale en 1876

Après la démolition de l'église romane, on a construit une nouvelle église de style composite, beaucoup plus vaste, qui mesure environ 19 m de long sur 13 de large pour la seule nef.

La façade est surmontée d'un clocher-porche carré dont le haut de la tour est percé de fenêtres géminées à chaque côté. Cette façade montre que l'église est composée d'une nef et de bas-côtés. Au-dessus de la porte principale et des portes latérales se trouvent des fenêtres. Toutes les ouvertures de la façade sont voûtées en plein cintre.

À l'intérieur, la nef, composée de 5 travées voûtées en berceau, est étayée des deux collatéraux annoncés par la façade, plus bas et voûtés d'arêtes. Au transept succède un choeur pentagonal aux croisées d'ogive de style néogothique, avec boiserie sur tous les côtés.

Autels et statues

L'autel principal a été avancé à l'entrée du choeur pour permettre la célébration eucharistique face au peuple, conformément aux prescriptions du concile de Vatican II (1962-
1965). On a laissé l'ancien tabernacle au fond du choeur.

Dans les deux bras du transept sont conservés les devant d'autel. Sur celui de gauche, dédié à Marie, on voit : l'Invocation à Marie, l'Annonciation, Marie donnant le rosaire à saint Dominique, « le prédicateur du rosaire ». Au-dessus de l'autel se trouve une statue de la Vierge Marie. Elle est encadrée par la liste des morts au cours des guerres du 20e siècle.

À droite, l'autel est dédié à saint Joseph, le devant présente la Sainte Famille, puis Marie, Joseph et l'Enfant Jésus, Zacharie et son fils Jean-Baptiste, enfin la Fuite en Égypte. Les scènes sont commentées par des inscriptions latines, par exemple pour la Sainte Famille et erat subditus illis, « et il leur était soumis », c'est-à-dire que Jésus obéissait à ses parents terrestres (Luc 2, 51). Audessus de l'autel, une statue représente Joseph et l'Enfant. À proximité, à l'entrée du choeur, se trouve la cuve octogonale des fonts baptismaux.

Vitraux

Dans le choeur, à la fenêtre d'axe, figure le patron de l'église, l'évêque de Tours, saint Martin. La partie inférieure représente la Résurrection du catéchumène alors que Martin était à Ligugé dans les années 360.

À la baie de gauche, Radegonde ; à droite Germaine (Germaine Cousin, la petite bergère de Pibrac, + 1601). On est surpris qu'elle soi t di t e beata, « bienheureuse », et non « sainte » car elle fut canonisée en 1867.

Ces trois vitraux sont des frères Guérithault, 1870. Les vitraux du transept et de la nef sont presque tous signés de Jean Clamens (Angers, 1898) et la plupart portent les noms de leurs donateurs.

Mur nord du transept : Notre-Dame-des-champs, vitrail offert par les Enfants de Marie. Sainte Vierge Immaculée, Mlle Augustine Cathelineau.

Mur sud du transept : Saint Joseph et l'Enfant, M. l'abbé Servant, curé de Méré. Saint-Pierre, M. et Mme Hyacinthe Métayer.

Mur nord de la nef : Sainte Anne, Mesdames Morin, Masteau, Niveau. Saint Hilaire, famille Breillad de l'Alluseau. Saint Jean-Baptiste, MM. les abbés Largeau, Lucet, Massé, Besson, Nivault (Jean). Saint Isidore. Sainte Elisabeth, le tiers ordre de saint François.

Mur sud de la nef : Saint Clément, M. l'abbé Geay, ancien curé. Saint François d'Assise, Mlle Victorine Cathelineau. Saint Henri, famille Couturier de l'Etang. Saint Rémy. Sainte Rose de Lima.

Mur ouest : Saint Michel. Clément, représenté avec une tiare (la tiare à 3 niveaux n'est que du 14e siècle), la palme du martyre, une croix à hampe, est Clément Ier, successeur de Pierre à la fin du 1er siècle.

Rose de Lima, tertiaire dominicaine, morte en 1617, canonisée en 1671. Patronne du Pérou, puis de toute l'Amérique latine.